Motorola ou comment suivre l'évolution de la demande pour trouver le succès.

Leçon de persévérance par Paul Galvin (1895-1959) fondateur de Motorola. 

Des débuts difficiles

Après un passage dans la compagnie d'accumulateurs D&G Paul Galvin créé en 1919 une fabrique de batteries dans le Wisconsin. Il déposera le bilan en 1923. Ruiné, il retourne dans son Illinois natal ou il recrée en 1926 une nouvelle entreprise de batteries. Malheureusement, un défaut dans la chaîne de fabrication provoquera une nouvelle banqueroute. C'est en essayant de résoudre ce problème technique, avec un ingénieur qu'il met au point un convertisseur permettant à des radios à piles de fonctionner sur le secteur.

Le chef du rayon radio chez Sears lui garantissant des commandes, Galvin rachète alors pour 750 dollars son outil de production mis aux enchères et continue l'aventure sous le nom de Galvin Manufacturing Corporation.

Fin 1928, il produit ces convertisseurs et fabrique comme sous-traitant des radios en marque blanche pour des commanditaires qui y apposent leur marque.

A l’été 1929, son activité commence à décoller, mais le krach d’octobre lui fait perdre brutalement tous ses clients. Un fournisseur attire toutefois son attention sur le marché émergent des autoradios. Il travaille alors d'arrache pied avec toute son équipe, pour fabriquer un prototype qu'il installe sur sa propre voiture. Il le présentera à la Convention des constructeurs de radios d’Atlantic City, le 30 juin 1930. 

L'Auto Radio Motorola de 1929

L'Auto Radio Motorola de 1929

Galvin repart de la Convention avec assez de commandes pour investir. Cette fois, ce sera sous la marque, Motorola

La firme s’implante en créant un réseau de grossistes, mais subit un nouveau revers lorsqu’elle doit rappeler des appareils défectueux. Très vite, il lance deux nouveaux modèles, mais la récession perdure...

Motorola la traverse en bradant ses stocks. Elle assure en sous-traitance la production de Philco confronté à une grève et conçoit des récepteurs radio pour les voitures de police.

Vingt ans de persévérance et d'efforts qui mèneront au succès. 

Lorsque la guerre éclate en Europe l’armée américaine charge Galvin d’inventer un mode de communication mobile. C'est ainsi que le talkie-walkie fait son apparition en 1941.

Cette incursion dans les télécoms se révèlera payante. À la fin de la guerre, Galvin, âgé alors de 50 ans, voit son horizon s’élargir. RCA vient de lancer l’un des premiers téléviseurs grand public, vendu à l'époque 300 dollars. Galvin met deux de ses équipes en compétition pour faire mieux et moins cher.

Radio Motorola 50's.jpg

En 1947, son poste, vendu 179,95 dollars, remporte un énorme succès et place Motorola sur le marché américain de l’audiovisuel.

À l’orée des années 1950, trente ans après les débuts de Galvin, sa firme est enfin florissante. L’entrepreneur la réorganise, puis passe la main à son fils.

Il meurt en 1959, avant que Motorola devienne leader sur le marché des semi-conducteurs, gére les communications des missions lunaires et invente le téléphone portable. Mais ceci est une autre histoire…

Les choix qui ont impacté favorablement le business model :

  • Être à l'écoute des tendances et du marché pour anticiper la demande.
  • Savoir s'adapter pour surmonter les difficultés.
  • Demeurer flexible pour profiter de nouvelles opportunités.
  • Placer l’innovation au coeur de la proposition de valeur.
  • Conserver la confiance de ses équipes, même après une série d'échecs.

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